La post croissance ou l’épanouissement des essentiels

« Un rêve que l’on rêve ensemble est une réalité »
Quand l’économie inspire les poètes, le résultat est surprenant, prenant… en l’occurrence, le poète en question est Vincent Avanzi, aventurier du verbe auto proclamé non sans humour Chief Poetic Officer et qui veut réenchanter le monde des entreprises avec la poésie et le pouvoir des mots, comme il le propose sur l’Odyssée Humaine. Nous avions déjà croisé Vincent, le fondateur de la Plume du Futur, il y a quelques années à l’occasion d’une conférence dont le thème était l’innovation, et à laquelle Fabrice était intervenu pour parler de la nécessité impérieuse de remettre du sens de l’innovation justement… C’est cette fois à l’occasion d’une conférence organisée par le cabinet Prophil que son texte nous a marqué. Et pour cause : c’est une prouesse de savoir à la fois émouvoir sans mièvrerie et de rappeler des fondamentaux humains et physiques ! Une poésie qui éclaire quand on se perd à ne savoir démêler les noeuds inextricables entre économie, social, justice et environnement. C’est l’air du temps en plus frais. Tout y est. A vous de juger.

Sans plus attendre, voici le discours poétique d’utilité publique de Vincent Avanzi. Et pour celles et ceux qui préfèreraient écouter Vincent plutôt que de le lire, le lien vers la vidéo – et toute la conférence – est disponible tout à la fin du texte.

Chers pionniers, chers alliés de notre Humanité,
Bâtisseurs d’une nouvelle odyssée,
Merci d’avoir accepté de nous dédier votre matinée.

Je voudrai vous raconter une histoire… du Futur.
Il était une fois un bateau magique, épique et poétique,
Certains l’appelaient le navire de notre avenir, d’autres le « Leader Ship »,
Certains encore l’Arche de Noé, nous, l’Arche de nos rêves.

Bienvenus chers marins sur le chemin humain de notre destin commun
Dans un voyage exploratoire afin de dessiner de nouvelles trajectoires
Et toucher ensemble les étoiles où « croitre ou ne pas croitre ? »
Deviendra notre éternelle question porteuse d’espoir.

La post croissance, c’est celle qui apporte la conscience…
Dans l’ère du « développement des capitaux essentiels des entreprises »
Ou comment atteindre le ciel spirituel
D’un mode de plus de vie un peu plus pérenne en temps de crise.

Cette manière de « réencastrer l’économie
Dans un espace écologiquement sûr et économiquement juste »
Que vouloir de plus ? Nous sommes venus, nous avons vu et nous aurons vécu
Au cœur de nos vertus, alignés et droits tel un buste.

Elle est la célébration de nos richesses humaines
Lorsque l’on passe de filières à la chaine à une logique d’éco système,

En englobant de multiples capitaux essentiels :
Humain, social, naturel, manufacturier, financier, intellectuel,
Dans un mélange fraternel où chacun peut apporter son petit grain de ciel
Grâce à son potentiel personnel exceptionnel dans la lumière universelle.

Imaginons un système à la hauteur du bon partage de la valeur
De la rémunération des contributeurs à de nouveaux indicateurs.
Qui seront les éco concepteurs et les grands « coopétiteurs » ?
Des pionniers, avant-gardistes sans peur, des êtres au grand cœur

Bienvenus en chœur dans notre U-turn,
Ce que l’on appelle l’économie du « Donut »,
Avec l’essor de start-ups à impact sans nécessaire scale up.

La Terre est en péril donc le chaud must stop ses avancées stériles
Quand la banquise face aux banques devient un melting-pot fragile.
L’économie devra se tourner, demain, vers les biens essentiels et communs,
Telle sera la définition d’un nouvel âge d’or muni de bilans carbones
Pour qu’enfin, le futur nous pardonne.

On appellera cette ère,
Le grand « Reset », 
la réinitialisation, la période de l’être, notre ultime ambition.
Depuis les fondations actionnaires jusqu’aux entreprises à missions, leur plus belle version,
Chaque être vivant détient une vision, un talent, une passion, en bref, une vocation.
Définissions nos raisons d’être et marchons en bataillons à l’unisson, à l’horizon.
De la croissance exponentielle à la croissance stationnaire
De “big or small is beautiful”, à “impact is wonderful”
Du mono capitalisme à un multi capitalisme inclusif et essentiel
Ou devrai-je dire un « Cap Humanisme » tel un jardin d’Éden.

Cap ou pas cap ? Et si nous passions
Du taux de croissance au taux de conscience,
De l’intelligence artificielle à l’intelligence de l’âme,
Des parts de marché à nos parts d’humanité
Du statu quo au statut collectif,
De venture capital au vertu capital,
De viral à vital sans être radical
Des business model à des entreprises un peu plus modèles.
D’être numéro un à tous un ensemble à la fin.

Un multi capitalisme où vitalité, humanité, sérénité et stabilité
Seront les mots clés d’une prospérité durable et engagé.
Nous sommes fin prêts à passer du « Progrès » à un plus grand projet,
Un projet de société équilibrée en guise de point G-énial de notre Humanité.

Face aux limites planétaires et aux besoins sociaux fondamentaux,
Le modèle se veut universel, les enjeux étant désormais globaux :
Changer la gouvernance, la comptabilité et les systèmes écos.
Définir un nouvel imaginaire de nos rêves entrepreneuriaux :

De riches en millions d’euros à riches en millions d’heureux comme par écho.

Il s’agit là d’une question de survie et le goût de vivre restera infini.
Certains crient aux utopies -qu’est-ce que la « bio économie » ?-
D’autres les réalisent aujourd’hui avec un visa pour la vie.

Devenir responsable, inventer un modèle plus soutenable,
Doté d’un nouvel alphabet comptable, pour une planète plus habitable,
La définition d’une Humanité enfin admirable vers un avenir souhaitable.

Schopenhauer disait : « Toute vérité franchit trois étapes.
D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition.
Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. »

L’acronyme de « PC » sera passé, lui, au fil des époques
De « Parti Communiste » à « Personal Computer » « Post Croissance » Tel un jour de chance.

Nous, c’est dans la Renaissance que l’on puise notre puissance.
Et la post croissance apparait comme une résistance voire même une délivrance
Sur la piste de danse de notre interdépendance.

Un amas de bon sens sur fond de quête d’essence
Dans cette crise actuelle d’abondance,
Où, sans regarder à la dépense, se rapproche une douce décadence.
La planète, le futur et le vivant ont besoin de notre assistance
A tous, en conscience et en confiance.

Si simple à comprendre, quand est-ce que l’on commence ?
Économiques, sociales et environnementales,
Trois formes complémentaires de performances.
Si le défi est immense, les chances de succès s’adressent à tous,
Minute de silence…
« Vivre, limite immense », écrivait René Char,
Vibre, libre, gravite, intense, telle une œuvre d’art.

Le leitmotiv ne sera plus la croissance illimitée des entreprises,
Mais l’impact positif en guise d’alternative inclusive.
Des jetons d’argile à un green new deal,
Bienvenue dans la prospective où il n’y a que des suppléments d’âme qui vivent.
Merci à toute l’équipe de Prophil pour ces précieuses perspectives.

S’affranchir des mythes vers un projet de modèle constructif,
La possibilité d’une île, nouvelle, comme l’Atlantide.
Changer la définition du profit pour la ramener à l’humain des profils.
Des modèles régénératifs et des écosystèmes coopératifs,
En fin de conte, un nouvel équilibre win-win depuis la Théorie de Darwin.

Chers pionniers, chers alliés de notre Humanité,
Octroyons-nous le droit de rêver et d’oser
O Grandi-ose, marchons vers notre apothéose,
Et composons la métamorphose du cosmos en osmose.

Après un ultime baiser de la « croissance »,
Osons la « post croissance »,
Oui, du profit non partagé et mal redistribué il y en a assez.
Et oui, de l’amour, des récoltes et des complémentarités il y en a aussi assez.

Aussi avons-nous pris notre plus belle plume sous la plénitude de la Lune
Pour nous inviter tous à co-construire la structure d’un futur
En harmonie avec la nature
 en guise de culture de nos âmes mures.

Du « jour du dépassement » à « l’ère du réenchantement »
De l’émerveillement à l’épanouissement des éléments,
Remplacer l’argent par l’art des gens dans l’arc-en-ciel de nos talents brillants.
A partir de maintenant, ne soyons plus prudents, soyons étincelants!
Faisons le bilan.. carbone avec un conte de résultat au service du vivant et pas seulement des dividendes.

Quand les entreprises se transforment en personnes immorales, des persona non grata
La post croissance devient une inévitable terra incognita.
Sur la route du Karma en pays sages où chacun trouve son LA
S’alignent les chakras et apparait l’horizon d’un Nirvana.
Comme dirait Greta, fini les « blablabla » des chefs d’État d’âme
Et place à un nouveau « nec plus ultra » ad vitam aeternam.

Rêvons encore de paradis écologiques
A l’encontre de leurs maladies économiques.

Huit milliards d’humains dans une même équipe.
Iconique, notre génération sera poétique.
Et le combat contre l’urgence climatique sera épique.

Nous sommes bel et bien la dernière génération
A pouvoir agir pour la réinvention, l’élévation en guise de révolution.
La coopération entre corporations, ensemble vers la transition.
Soyons ceux que nous attendons, transformons, innovons, agissons.
Nous sommes la RE-Génération !

Pour conclure ces trois petits points de futur,
John Lennon aimait chanter qu’« un rêve que l’on rêve seul est seulement un rêve,
Un rêve que l’on rêve ensemble est une réalité ».
Continuons à le faire germer pour qu’il devienne demain notre modèle de société.

Bienvenue dans la « post croissance » ,
L’ère de l’épanouissement de nos capitaux essentiels

Ou comment atteindre le ciel matériel et spirituel
D’un mode de vie de plus un peu plus pérenne.

Auteur : Vincent Avanzi
Chief Poetic Officer – La Plume Du Futur

© Tous droits réservés

Rediffusion de la conférence organisée au Collège des Bernardins le 10 novembre 2021.
Croissance verte, neutralité carbone, économie circulaire… ces concepts occupent une place de choix dans les discours sur la transition écologique et solidaire. Mais sont-ils suffisants au regard des enjeux ? Permettent-ils de rendre nos modèles économiques pleinement compatibles avec les limites planétaires et les besoins sociaux essentiels ? Réponses avec trois tables-rondes :
👉 Table ronde #1 : « Rediriger nos modèles économiques », avec Christophe Sempels (cofondateur et directeur du centre de recherche-action LUMIÅ), Diego Landivar (cofondateur de l’Origens Medialab) et Sylvain Breuzard (PDG de norsys)
👉 Table ronde #2 : « Aligner la gouvernance », avec Rodolphe Durand (fondateur-directeur de l’Institut Society & Organizations, HEC Paris), Hortense Harang (cofondatrice de Fleurs d’Ici et wetradelocal.io) et Cyrille VU (fondateur du fonds de dotation actionnaire SeaBird Impact)
👉 Table ronde #3 : « Mesurer ce qui compte vraiment », avec Nicolas Antheaume (professeur associé à la Chaire Performance Globale Multi-Capitaux d’Audencia), Pauline de Saint Front (présidente du Cabinet de Saint Front) et Philippe Peuch-Lestrade (Strategic Senior Executive à l’Integrated Reporting)
Bravo à Geneviève Ferone et à son équipe chez Prophil d’avoir réuni autant de personnalités impliquées.

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