2020, l’année des Vérités ? Par Laurent Babikian, CDP Europe

If you are interested in Laurent’s text in English, please scroll down for the full translated version. Cheers.

L’année 2020 marquera l’histoire. Une déferlante sans précédent a provoqué une crise sanitaire et économique qui a paralysé le monde entier et ébranlé certains systèmes établis. Au moment où la bourse américaine est proche de son plus haut historique de février 2020 et tandis que la FED prévoyait en mai un taux de chômage record touchant 25% de la population active, des émeutes d’origine raciale ont éclaté aux Etats-Unis et semblent avoir tous les ingrédients pour se transformer en une révolte sociale remettant en cause le fonctionnement du capitalisme libéral.

Dans le même temps, le président Emmanuel Macron vient de créer une commission d’économistes internationaux de renom, présidée par le prix Nobel Jean Tirole et l’ancien chef économiste du FMI Olivier Blanchard. Cette initiative très prometteuse a pour objectif de repenser l’économie mondiale en planchant sur les trois défis majeurs que sont le climat, les inégalités et la démographie.

Alors que les évènements s’accélèrent, il est de plus en plus difficile d’être capable de donner un sens à la masse incessante d’informations souvent contradictoires que nous recevons quotidiennement et qui ne sont malheureusement ni filtrées, ni correctement interprétées. Il faut donc investiguer pour comprendre la logique d’une séquence d’évènements donnée. Cet article représente une interprétation personnelle du contexte actuel en espérant qu’elle se rapproche de la vérité.

Le COVID-19, un laboratoire expérimental à ciel ouvert ?

Comment se fait-il que l’infiniment petit, invisible à l’œil nu, puisse paralyser l’infiniment grand pendant plusieurs mois ?

C’est exactement ce que nous expérimentons en ce moment : une crise sans précédent causée par un virus transforme le monde en un véritable laboratoire à ciel ouvert pour procéder à de nouvelles expérimentations sociétales.

Les GAFAMs sont les grandes gagnantes de la crise

Il est surprenant de voir que le gouverneur de l’état de New York Andrew Cuomo ait nommé un chantre de l’intelligence artificielle, ex-PDG de Google, le transhumaniste Eric Schmidt, pour organiser le déconfinement de Big Apple.

Eric Schmidt vante officiellement aux new-yorkais les bienfaits du online : santé online, école et université online, travail online… Bref, la distanciation sociale n’a pas de meilleures alliées que les technologies offertes par les GAFAMs (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) dont les performances boursières actuelles démontrent qu’elles sont les principales bénéficiaires de cette crise. Le 11 mai 2020, les GAFAMs étaient toutes proches de leurs plus hauts historiques et représentaient 20% de la capitalisation totale du principal indice boursier américain, le S&P 500. Ce jour-là, la valorisation de Microsoft équivalait à elle seule à 95% de la valorisation totale du CAC 40. Traduction : les investisseurs anticipent que les profits futurs de Microsoft équivaudront à 95% du total des profits futurs des 40 plus grandes entreprises françaises !

Soyez patient, la 5G arrive !

Alors même que les GAFAMs cherchent à créer de nouveaux usages et à nous gaver de contenus numériques nécessitant plus de bande passante, les Etats-Unis n’autorisent pas Huawei à déployer sur leur territoire son matériel qui propose pourtant la meilleure technologie 5G. Ils pensent que les antennes du géant chinois des télécoms ont des oreilles trop performantes qui pourraient les espionner et ainsi représenter un risque majeur pour la sécurité nationale.

Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à le penser : la ville de Bruxelles refuse l’implantation de la 5G et la France la déploiera partout sauf dans les zones dites sensibles telles que l’arsenal de Brest, la région aéronautique de Toulouse et la ville de Paris.

Peu importe donc si le reste des français est écouté et surveillé ? Qu’advient-il de la loi RGPD, censée protéger les données personnelles, si nous pouvons être écoutés par les antennes chinoises ou encore surveillés par le Cloud Act, loi américaine de 2018 autorisant les services de sécurité à contraindre les plateformes numériques américaines à communiquer les données personnelles d’un individu où qu’il se trouve sans en informer quiconque auparavant ?

De plus, le gouvernement français a profité de l’état d’urgence sanitaire pour valider l’ordonnance n° 2020-320 du 25 mars 2020. En clair, pendant l’état d’urgence sanitaire, les antennes-relais des opérateurs de téléphonie mobile peuvent être installées sans prévenir les municipalités ni du nombre, ni du lieu et sans accord préalable de l’Agence Nationale des Fréquences pourtant en charge de la gestion de l’ensemble des fréquences radioélectriques. Ce sont donc les quatre opérateurs de téléphonie qui décident unilatéralement des installations et qui peuvent, par la même occasion, anticiper l’arrivée de la 5G.

Selon les estimations, cette technologie devrait consommer deux fois plus d’énergie que la 4G notamment à cause de la multiplication des antennes-relais de portée plus courte et de fréquence plus haute. Est-ce bien compatible avec le besoin de décarboner notre économie ? Et franchement, avons-nous vraiment besoin d’avoir plus de contenus vidéo et de nouveaux services sur nos portables pour mieux vivre ?

Les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) vont diminuer en 2020

Cette crise permet pour la première fois d’expérimenter un monde quasiment sans production pendant plusieurs mois. Les évaluations du FMI estiment une baisse du PIB mondial de 3% pour 2020 qui se décompose en -6.1% pour les pays développés et -1% pour les pays émergents avec toutefois une croissance de 1.2% pour la Chine. Le monde n’a jamais connu cela.

Cette décroissance du PIB s’accompagne d’une décroissance des émissions de GES dans l’atmosphère. L’Agence Internationale de l’Energie anticipe une baisse totale des émissions de 8% en 2020 par rapport à 2019. C’est ce nous devrions faire collectivement chaque année jusqu’en 2050 pour réaliser l’Accord de Paris dans sa version 1.5°C.

Comme nous n’aurons pas un COVID tous les ans jusqu’en 2050, il va falloir être beaucoup plus ambitieux lors de la reprise économique à venir. C’est pourquoi il est fondamental que le « Green deal » européen soit encore plus green que ce qui était prévu initialement. Les mesures du plan européen révélées le 27 mai dernier vont dans le bon sens mais ne sont pas suffisantes.

Les succès rencontrés par des initiatives telles que celle de Pascal Canfin et celle des SBT (Science Base Targets) sont encourageants. Il est aussi rassurant de voir que de l’autre côté de l’Atlantique les PDGs s’organisent pour demander au Congrès de reconstruire une économie plus résiliente et plus durable. Au-delà de ces belles intentions, il faut maintenant passer en mode action décuplée.

A priori, nous pouvons conclure qu’une baisse du PIB s’accompagne automatiquement d’une baisse des émissions de GES. La question est de savoir si la décroissance est une condition sine qua non à la décarbonation de l’économie ou si un découplage est possible entre une hausse du PIB et une baisse des émissions.

Alors que les partisans de la décroissance affirment de façon péremptoire l’inéluctabilité du tandem PIB/émissions GES, de grandes multinationales comme L’Oréal et Unilever parviennent à augmenter leur chiffre d’affaires tout en diminuant leurs émissions.

Les « collapsologues » anticipent un effondrement de la civilisation thermo-industrielle en basant leur raisonnement sur la finitude des ressources et les dégâts causés sur le vivant. Leurs convictions sont fondées sur un champ des possibles qui ne pourrait pas lui-même évoluer.

Il existe probablement une autre manière de produire de l’énergie qui ne consommerait pas de ressources naturelles et qui ne serait pas polluante.

Vers une nouvelle vision du monde

La vision d’un monde entièrement connecté de l’infiniment petit à l’infiniment grand

Deux visions du monde s’opposent.

La vision d’un monde déconnecté encore très répandue dans nos sociétés se base sur la philosophie du réductionnisme cartésien et du dualisme qui sépare le corps de l’esprit. Le réductionnisme considère, par exemple, que l’univers est composé d’objets matériels qui sont totalement déconnectés les uns des autres et qui peuvent être représentés par un modèle mathématique bidimensionnel alors que la nature comporte au moins trois dimensions ce qui conduit inévitablement à certaines limitations dans l’analyse théorique. Pourtant, il régit l’essentiel de la recherche de la physique moderne et bénéficie de la quasi-totalité des financements publics alloués à cette recherche.

A l’inverse, l’émergence récente de la physique unifiée offre une vision d’un monde entièrement connecté où tous les objets, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, sont interdépendants et participent à l’intégration du tout.

L’énergie libre

A la fin du XIX siècle, Nikola Tesla, père du courant alternatif, parlait pour la première fois d’énergie libre et d’électricité sans fil. Tesla a déposé plus de 300 brevets dont certains préfiguraient les innovations actuelles telles que la téléphonie mobile et la voiture électrique. Son génie n’était pas accepté par la science « mainstream » et son laboratoire de recherche fut incendié à deux reprises. Ses travaux ont depuis été repris par plusieurs scientifiques et notamment par Paramahamsa Tewari en Inde qui a créé la Space Vortex Theory capable de produire de l’énergie propre gratuitement.

Les scientifiques « alternatifs » qui ont une vision d’un monde connecté s’intéressent de plus en plus à la capacité de produire de l’énergie à partir de la résonance du vide. Le vide serait alors une source intarissable d’énergie propre.

La recherche liée à la vision d’un monde connecté ne bénéficie pas de financement public

Parce que la vision d’un monde connecté dérange le conformisme scientifique, la recherche fondamentale qui en découle doit être aujourd’hui entièrement financée par des fonds privés plus difficiles à trouver. C’est ce que le Professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine en 2008, a expérimenté quand il s’est intéressé à la mémoire de l’eau, théorie révolutionnaire qui commence à être acceptée par la communauté scientifique. L’eau aurait une mémoire !

La crise actuelle éveille de plus en plus de consciences qui s’unissent pour réinventer le monde d’après. Des changements structurels profonds vont émerger rapidement, remettant en cause le système capitaliste libéral et la globalisation à outrance.

La théorie économique ne permet plus d’expliquer le réel

Il faut changer les indicateurs économiques qui sont devenus hors-sol

Les grands indicateurs économiques ne reflètent plus la réalité du monde. Un PIB qui ne prend en compte ni les externalités négatives liées à la production, ni la notion de bonheur ou de santé mentale d’une population ne veut objectivement plus rien dire.

Si nous changions la manière de le calculer, nous serions probablement déjà en décroissance avec des cours boursiers plus bas au contraire des sommets historiques atteints en février dernier aux Etats- Unis.

De même, l’inflation ne reflète pas du tout le réel puisqu’elle ne prend pas en compte, par exemple, le coût des loyers dans son calcul, en Europe.

Par ailleurs, la théorie économique classique ne peut expliquer les taux d’intérêt négatifs que nous connaissons aujourd’hui.

Pour être capable de décider en toute connaissance de cause, il est important d’avoir les indicateurs adéquats à disposition. Sans eux, il est difficile d’envisager une planification économique cohérente plus que jamais nécessaire aujourd’hui.

Les bourses sont totalement déconnectées du réel

De façon schématique, le but du capitalisme libéral est de maximiser la valorisation d’une entreprise à n’importe quel prix. Il est frappant de voir qu’à l’annonce d’un plan de licenciement consécutif à une restructuration, synonyme alors d’une augmentation du résultat net, le cours de cette même entreprise s’envole. Un drame humain se transforme alors en une très bonne nouvelle pour les actionnaires. Est-ce bien moral et éthique ?

Un cours boursier se calcule de la manière suivante :

Où RN=Résultat net de l’entreprise et CMPC= Coût Moyen Pondéré du Capital

Le CMPC est une moyenne entre le coût des fonds propres et le coût de la dette. Aujourd’hui, les entreprises peu risquées comme Microsoft ont un CMPC très faible car les taux d’intérêt sont quasiment nuls.

Donc le cours boursier augmente quand les résultats nets futurs augmentent ou quand les taux baissent ou quand les résultats augmentent et les taux baissent.

La principale explication de la hausse continue des bourses depuis la précédente crise de 2008 jusqu’à leurs niveaux de février 2020 est la baisse entretenue des taux consécutive aux injections massives de liquidités sur le marché par les banques centrales. Le volume de création monétaire liée aux dettes publiques, privées et individuelles, est passée de 97 000 milliards USD en 2007 à 253 000 milliards USD en 2019 soit une augmentation de 260% en 12 ans quand le PIB augmentait de 66% sur la même période. En d’autres termes, il y a eu 4 fois plus de dettes pour produire une unité de PIB supplémentaire. La différence ne se retrouve pas dans l’inflation des prix des biens et services mais plutôt dans les cours boursiers survalorisés, les prix immobiliers, les produits structurés très risqués qui sont à l’origine de la crise financière de 2008 et très probablement dans la corruption. Dans ces cas-là, on parle d’enrichissement.

L’histoire semble se répéter de façon alarmante. Comment les autorités de contrôle et les banques centrales peuvent-elles laisser se renouveler un scénario dont nous connaissons déjà l’issue, celle d’une bulle spéculative qui va éclater ?

Etant donné qu’il va être difficile d’aller beaucoup plus bas sur les taux d’intérêt et comme les entreprises ont déjà massivement emprunté à bas coût pour racheter leurs actions (2500 milliards USD entre 2016 et 2019), il va falloir, pour maintenir une croissance des cours boursiers, que la perspective des profits futurs des entreprises (au numérateur de notre équation) s’améliore. C’est exactement ce qui se produit actuellement pour les GAFAMs qui jouissent de positions monopolistiques contraires au principe de concurrence pure et parfaite.

Il est intéressant de noter la très forte déconnexion entre la bourse américaine et le reste du monde depuis 2010. Par exemple, depuis le 14/6/2010, le S&P 500, principal indice boursier US, a progressé de 172% alors que dans le même temps le CAC 40 ne s’appréciait que de 27%. La bourse américaine a atteint son plus haut historique en février 2020 alors que le CAC 40 l’a atteint en août 2000. Mais pourquoi donc les investisseurs pensent-ils que les sociétés américaines seront plus profitables en moyenne que les sociétés françaises dans les prochaines années ?

Dans un monde toujours plus incertain et instable, il est étonnant que les bourses soient toujours aussi optimistes sur la capacité des entreprises à produire toujours plus de profit dans le futur. De plus si l’inflation était correctement calculée, elle aurait un impact négatif sur les cours d’environ 20%.

Par ailleurs, les récentes interventions de l’Etat Providence liées à la crise que nous traversons font exploser les déficits publics et donc les dettes publiques qui les financent à des niveaux jamais atteints. Bien que la dette souveraine soit très peu chère aujourd’hui, il est raisonnable de penser que tôt ou tard les taux remonteront ce qui accroîtra la charge de la dette d’une façon insoutenable pour certains états tels que l’Italie ou la France.

Or, jusqu’au début des années 70, l’Etat français finançait son déficit public auprès des circuits du Trésor à des taux avantageux administrés par lui-même. Ces circuits incluaient notamment la création monétaire par la Banque de France. Mais, sous la pression des lobbies bancaires et de certains grands serviteurs de l’Etat, il a dû commencer à « emprunter » son déficit public sur les marchés financiers à des taux d’intérêt beaucoup plus élevés.

Ne pourrions-nous pas revenir à un financement des déficits publics par la création monétaire pure ?

Qu’une entreprise fasse un emprunt obligataire afin d’investir pour créer des profits futurs et qu’elle paye un taux d’intérêt pour cela paraît relativement sain. En revanche, la question peut se poser pour un Etat qui emprunte sur les marchés pour investir dans des services publics afin d’améliorer le bien- être général de sa population.

En ramenant la masse monétaire à des niveaux compatibles avec l’économie réelle, les risques liés aux investissements seraient évalués de façon beaucoup plus rigoureuse et les bulles spéculatives inhérentes au système et ne profitant qu’au plus petit nombre seraient limitées par construction même. Une solution serait d’augmenter sensiblement le niveau des ratios prudentiels des banques qui devraient prendre en compte toutes leurs activités de hors bilan.

L’Europe est en danger et son futur se joue maintenant

La crise du COVID-19 a démontré l’incapacité de l’Europe à agir de façon solidaire et coordonnée ainsi que sa dépendance excessive aux pays tels que la Chine, l’Inde ou les Etats-Unis.

La solidarité européenne doit l’emporter sur le droit

Il est très encourageant de voir que la France et l’Allemagne ont pris l’initiative d’un emprunt européen de 750 milliards d’euros pour financer sous forme de subventions à hauteur de 500 milliards d’euros la relance verte des états qui ont le plus souffert de cette crise. La grande nouveauté de cet emprunt est qu’il sera lancé pour la première fois par la Commission Européenne elle-même.

Cependant, l’Autriche, les Pays Bas, le Danemark et la Suède ont déjà manifesté leur désapprobation arguant que les pays riches du nord de l’Europe ne devaient pas payer pour les déficits budgétaires du sud. La Commission Européenne a donc du pain sur la planche dans les semaines à venir.

Jusqu’alors, l’Allemagne était elle aussi frileuse à cette solidarité avec le sud comme l’atteste l’arrêt du 5 mai 2020 du Tribunal constitutionnel de Karlsruhe passé quasiment inaperçu mais pourtant lourd de conséquence. En effet, en réponse à une initiative de citoyens allemands craignant pour leur épargne, cet arrêt remet non seulement en cause l’indépendance de la BCE, mais aussi la primauté de la Cour de Justice de l’Union en déclarant que « la République fédérale d’Allemagne ne reconnaît pas une primauté absolue d’application du droit de l’Union » et que cette primauté s’arrête là où commence « l’identité constitutionnelle » des États.

Les juges allemands pensent que la BCE, indépendante du pouvoir politique, outrepasse sa mission de contenir l’inflation (objectif fixé à 2%) quand elle recourt au Quantitative Easing en achetant les dettes publiques d’une manière non conforme au « principe de proportionnalité » censé refléter le poids de chaque Etat membre dans son capital. Or, quand elle « monétise » les dettes publiques, la BCE permet à certains états de se financer à des taux inférieurs aux taux du marché. Par exemple, à fin 2019, la BCE avait acheté environ 30% du total de la dette publique française alors que la Banque de France ne détient que 17% de son capital. Certains pays seraient donc favorisés par le Quantitative Easing. Théoriquement, l’achat de dette publique devrait faire baisser les taux ce qui va à l’encontre des intérêts des épargnants allemands et à vrai dire de tous les épargnants européens.

La BCE a jusqu’au 5 août pour expliquer ce manque de proportionnalité. Si la réponse n’est pas satisfaisante, alors la Bundesbank pourra revendre les obligations d’Etat qu’elle détient afin de faire remonter les taux pour protéger les épargnants

Il faut suivre de très près cet épisode juridique pour voir si la solidarité politique affichée par l’Allemagne sera suivie des faits ou si le droit va l’emporter au risque de faire imploser le système européen en poussant vers la sortie des pays dont le ratio dette publique sur PIB atteint des niveaux vertigineux comme l’Italie où il devrait avoisiner les 160% en 2020 et où, comme nous le savons bien, le populisme anti-européen gagne du terrain.

La réindustrialisation de l’Europe est autant nécessaire qu’impérieuse

Il est à présent important de mettre en place un programme coordonné de réindustrialisation de l’Europe qui aura l’avantage de la rendre autonome dans les domaines stratégiques comme la santé, l’agriculture, l’énergie, le numérique ou encore les données, et bien entendu de raccourcir les chaînes d’approvisionnement. De plus, cette relocalisation aura un effet bénéfique sur les émissions de GES car l’énergie et les processus de production sont moins carbonés en Europe qu’en Asie.

Revenir à une production locale va permettre de réapprendre certains métiers oubliés et de développer l’emploi. Nonobstant le premier effet d’augmentation des coûts pour les entreprises, leurs risques s’en trouveront diminués. La quête de profit a trop longtemps justifié la priorité du prix le plus bas au détriment d’une approche holistique des risques. La crise actuelle offre un moment de vérité qui est l’opportunité d’inverser cette tendance.

La notion de juste prix est au cœur de la réussite. Pour y parvenir, la revalorisation des bas salaires est essentielle car les actifs aux « bas salaires » ont une propension marginale à consommer bien supérieure aux autres actifs et c’est exactement ce dont l’économie a besoin pour relancer la demande.

De plus, une fiscalité différenciée pourrait instaurer une TVA réduite sur les biens produits localement et ainsi atténuer l’impact de la hausse du coût du travail dans le prix final.

Il est temps de recouvrer la souveraineté européenne

Dans les années 1990, les Etats-Unis ont développé tout un arsenal juridique qui leur permet de sanctionner les entreprises contrevenantes à leurs lois nationales dès lors qu’elles utilisent le dollar comme moyen de paiement. De surcroît, ces lois les autorisent à lire les emails de quiconque dès lors que les adresses email sont enregistrées chez eux. Qui n’a pas un compte Facebook ou Linkedin ?

C’est à ce titre que des sociétés françaises telles que BNP Paribas, Total ou Technip ont dû payer des amendes colossales pour garder leurs droits d’opérer sur le sol américain car elles avaient enfreint l’embargo imposé à l’Iran par les Etats-Unis. C’est également en utilisant une de ces lois extraterritoriales relative au paiement de commissions occultes que le Department of Justice américain (DOJ) a fait pression sur les dirigeants d’Alstom en les menaçant d’emprisonnement s’ils n’acceptaient pas de revendre une partie de leur société à General Electric.

Cette toute puissance hégémonique américaine a pour effet de vassaliser, par le droit, leurs concurrents dans le monde. Autant dire qu’ils sont nombreux.

Le temps est donc venu de redevenir souverain à travers l’intelligence économique.

Aussi bien la proposition de loi visant à la création d’un fonds souverain destiné à soutenir les entreprises françaises des secteurs stratégiques, que l’Appel lancé récemment par un collectif d’entrepreneurs et de décideurs du numérique français « Pour une Liberté, une Souveraineté et une Sécurité Numérique immédiates » visant à s’affranchir de la dépendance aux plateformes globales promues par les GAFAMs sont révélateurs d’une prise de conscience et d’une nécessité économique si nous ne voulons pas que notre savoir-faire d’excellence disparaisse au profit de nos concurrents.

A ce titre, l’Ecole de Guerre Economique créée en 1997 forme les étudiants pour être en mesure de répondre aux pratiques du monde des affaires internationales qui manquent parfois d’éthique et de morale.

Par ailleurs, les BRICs (Brésil, Russie, Inde et Chine) ont déjà commencé à commercer entre eux dans leurs devises nationales afin de contourner la suprématie du dollar dans les échanges internationaux.

C’est ainsi que la Chine, principal importateur de pétrole au monde, a lancé en 2018 un contrat à terme de pétrole brut libellé en yuan et convertible en or. Ce contrat représente un bouleversement majeur qui impacte le commerce international. En effet, les pays exportateurs de pétrole sanctionnés par les différentes mesures extraterritoriales américaines tels que la Russie, le Vénézuela ou l’Iran peuvent dorénavant vendre leur pétrole à la Chine en yuans qui est lui-même convertible en or.

Par la révélation de certaines vérités que les peuples n’accepteront plus, l’année 2020 est une année charnière du XXI siècle. La remise en cause de certaines théories profondément ancrées dans nos sociétés est l’occasion de réinventer collectivement le monde d’après qui devra être plus juste et respectueux de nos libertés individuelles.

L’éveil des consciences sur les enjeux sociétaux ainsi que l’émergence d’une nouvelle vision d’un monde connecté vont accélérer les changements structurels nécessaires au mieux vivre ensemble et à un partage plus équitable de la richesse créée par un capitalisme plus responsable.

Comme l’a dit le prix Nobel de physique Niels Bohr, « Chaque grande difficulté porte en elle sa propre solution. Elle nous oblige à changer notre façon de penser afin de la trouver ».

Il est grand temps de changer notre lecture du système et d’agir différemment pour créer le monde harmonieux de demain.

Laurent Babikian est Director Capital Market EuropeCDP

2020, the Year of the Truths?

For sure, 2020 will make history. An unprecedented breaking wave has caused a health and economic crisis that has paralysed the entire world and shaken some established beliefs. At a time when the US stock market is close to its historic peak of January 2020 and while the FED predicted a record unemployment rate for May affecting 20% of the working population, racial riots have exploded in the United States and seem to have all the ingredients to turn into a social revolt questioning the very functioning of liberal capitalism.

At the same time, President Emmanuel Macron appointed a commission of renowned international economists, chaired by Nobel Prize winner Jean Tirole and former IMF chief economist Olivier Blanchard, to rethink the global economy by addressing the three major challenges of climate change, inequality and demographics.

As the pace of events accelerates, it is increasingly difficult to make sense of the incessant mass of often contradictory information that we receive on a daily basis and which is unfortunately neither filtered nor properly interpreted. It is therefore necessary to analyse the logic of a given sequence of events. This article represents my personal interpretation of current events without pretences that it is the only truth.

COVID-19, an open-air experimental lab?

How is it possible that something infinitely small, invisible to the eye, can paralyze the infinitely large for several months?

This is exactly what we are experiencing right now: an unprecedented crisis caused by a virus is turning the world into a huge open-air laboratory for new societal experiments.

And the winner isthe GAFAMs

It is surprising to see that New York State Governor Andrew Cuomo has appointed a champion of artificial intelligence, ex-Google CEO Eric Schmidt, to organize the deconfinement of Big Apple.

Eric Schmidt is officially praising the benefits of the online world to New Yorkers: online health, online school and university, online work… In short, social distancing has no better allies than the digital technologies offered by the GAFAMs (Google, Apple, Facebook, Amazon and Microsoft), whose current stock market performances show they are the main beneficiaries of this crisis. On June 15, all the GAFAMs to the exception of Google were at their historical high and represented 20% of the total capitalization of the main US stock index, the S&P 500. On that day, Microsoft’s valuation alone was equivalent to the total valuation of the main French stock index, the CAC 40. Translation: investors anticipate that Microsoft’s future earnings will be equivalent to all the future earnings of the 40 largest French companies. How is this even possible?

Be patient, 5G is coming!

While the GAFAMs are looking to create new usages and to fill us with digital content requiring more bandwidth, the United States do not allow Huawei to deploy its equipment on their territory, even though it offers the best 5G technology. They think the ears of the Chinese telecom giant’s antennas are too powerful and could spy on them thus representing a major threat to national security.

They are not the only ones to think so: the city of Brussels refuses to install 5G and France will deploy it everywhere except in so-called sensitive areas such as the arsenal of Brest, the aeronautical region of Toulouse and the city of Paris.

In fact, it does not matter if the rest of the French people are listened to and watched. What happens to the GDPR law, which is supposed to protect personal data, if we can all be listened to by Chinese antennas or monitored by the Cloud Act, the 2018 American law authorizing security services to force US digital platforms to communicate any individual’s personal data wherever it is without informing anyone beforehand?

Furthermore, the French government took advantage of the state of health emergency to validate the bill No. 2020-320 of 25 March 2020. In other words, during the state of health emergency, the relay antennas of mobile operators can be installed without informing the municipalities of their number or location and without prior agreement from the National Frequencies Agency, which is responsible for managing all radio frequencies in France. It is therefore the four mobile operators who can unilaterally decide on their installations and who can, at the same time, anticipate the arrival of 5G.

It is estimated that this technology will consume twice as much energy as 4G, partly due to the increase in the number of shorter range, higher frequency base stations. Is this really compatible with the need to decarbonize our economy? And frankly, do we really need more video content and new services on our mobile phones to live better?

Greenhouse gas emission (GHG) will decrease in 2020

This crisis makes it possible for the first time ever to experience a world with virtually no production during several months. The IMF estimates a 3% drop in world GDP for 2020, which breaks down into -6.1% for developed countries and -1% for emerging countries, with China growing by 1.2% though. The world has never experienced this.

This decline in GDP is accompanied by a decrease in GHG emissions into the atmosphere. The International Energy Agency expects a total decrease in emissions of 8% in 2020 compared to 2019. This is what we should collectively do every year until 2050 to achieve the Paris Agreement in its 1.5°C version.

As we will not have a COVID every year until 2050, we will have to be much more ambitious in the forthcoming economic recovery. This is why it is essential that the European « Green deal » be even greener than initially planned. The measures of the European plan revealed on 27 May are a step in the right direction but by far not enough.

Successes of initiatives such as Pascal Canfin’ s call for a green recovery alliance and the SBT’s call for Uniting Business and Governments to Recover Better are encouraging. It is also reassuring to see that on the other side of the Atlantic CEOs are organising themselves to call on Congress to rebuild a more resilient and sustainable economy. Beyond these fine intentions, we must now move into an accelerated action.

A priori, we can conclude that a drop in GDP is automatically accompanied by a drop in GHG emissions. The question is whether the decrease of GDP is a sine qua non condition for the decarbonation of the economy or whether a decoupling is possible between an increase in GDP and a decrease in emissions.

While the proponents of the decay of growth assert the inevitability of the GDP/GHG emissions tandem, large multinationals such as L’Oréal and Unilever manage to increase their sales while reducing their emissions.

The « collapsologists » anticipate a collapse of the thermo-industrial civilization by basing their reasoning on the finiteness of resources and the damage caused to nature. Their convictions are based on a field of possibilities that could not in itself evolve.

However, there is probably another way to produce energy that would not consume natural resources and would not pollute.

Towards a new world view

The vision of a world fully connected from the infinitely small to the infinitely large

There are two opposing world views.

The vision of a disconnected world that is still widespread in our societies is based on the philosophy of Cartesian reductionism and the dualism that separates body and mind. Reductionism considers, for example, that the universe is composed of material objects that are totally disconnected from each other and can be represented by a two-dimensional mathematical model, whereas nature has at least three dimensions, which inevitably leads to certain limitations in theoretical analysis. Yet it governs the bulk of modern physics research and benefits from almost all the public funding allocated to this research.

Conversely, the recent emergence of unified physics offers a vision of a fully connected world where all objects, from the infinitely small to the infinitely large, are interdependent and participate in the integration of the whole.

Free Energy

At the end of the 19th century, Nikola Tesla, the father of alternating current, spoke for the first time about free energy and wireless electricity. Tesla filed more than 300 patents, some of which foreshadowed current innovations such as mobile telephony and the electric car. His genius was not accepted by mainstream scientists and his research laboratory was burned down twice. His work has since been taken up by several scientists, including Paramahamsa Tewari in India who created the Space Vortex Theory capable of producing clean energy for free.

“Alternative » scientists with a vision of a connected world are increasingly interested in the ability to produce energy from vacuum resonance. The vacuum would then be an inexhaustible source of clean energy.

Research related to a connected world view does not receive any public funding

Because the vision of a connected world disturbs scientific conformism, the resulting basic research must today be entirely financed by private funds that are more difficult to find. This is what Professor Luc Montagnier, winner of the 2008 Nobel Prize in Medicine, experienced when he became interested in the memory of water, a revolutionary theory that is beginning to be accepted by the scientific community. Water has a memory!

The current crisis is awakening more and more consciences that are uniting to reinvent the future. Profound structural changes will rapidly emerge, challenging the liberal capitalist system and excessive globalization.

Economic theory can no longer explain reality


We need to change the economic indicators that are not representing the world anymore

Major economic indicators no longer reflect the reality of the world. A GDP that does not take into account the negative externalities associated to production, nor the notion of happiness or mental health of a population no longer objectively means anything.

If we were to change the way we calculate it, we would probably have declining GDPs and declining stock prices instead of the historical highs reached last January in the US.

Similarly, inflation does not reflect the real at all since it does not take into account, for example, the cost of rentals in its calculation in Europe. The inflation currently stagnates at around 1 % in Europe and should rather be around 3-5% should we include rentals in its calculation.

Moreover, the classical economic theory cannot explain the negative interest rates we are experiencing today.

To be able to make informed decisions, it is important to have the right indicators at hand. Without them, it is difficult to envisage a long term coherent economic planning, which is more necessary than ever today.

Stock markets are totally disconnected from reality

In short, the goal of liberal capitalism is to maximize the value of a company at any cost. It’ s always stricking to see that when a redundancy plan is announced following a restructuring, the stock price of that company soars. A human drama then turns into very good news for shareholders. Is this moral and ethical?

A stock price is calculated as follows:

Where:
–  NI=Net income of the company
–  WACC= Weighted Average Cost of Capital

The WACC is an average between the cost of equity and the cost of debt. Today, low-risk companies such as Microsoft have a very low WACC because interest rates are very low. Therefore, the share price increases when future net incomes increase or when interest rates decrease or when net incomes increase and rates decrease. The main explanation for the continued rise of stock markets from the previous crisis in 2008 to their January 2020 levels is the sustained fall in interest rates following the massive injections of liquidity in the market by central banks. The volume of money creation linked to public, private and households debts rose from 97 trillion USD in 2007 to 253 trillion USD in 2019, an increase of 260% in 12 years while the world GDP increased by 66% over the same period. In other words, there was 4 times as much debt to produce one additional unit of GDP. The difference does not go into inflation of prices of goods and services but rather in overvalued stock market prices, real estate prices, very risky structured products that were at the very origin of the 2008 financial crisis and most probably into corruption. In these cases, we talk about wealth creation. History seems to be repeating itself in an alarming way. How can supervisory bodies and central banks let such a scenario whose outcome is already known, that of a speculative bubble which is going to burst, be repeated?

Given that it will be difficult to have much lower interest rates and since companies have already borrowed massively at low cost to buy back their shares (USD 2,500 billion between 2016 and 2019), the only way to maintain growth of stock prices will be an increase of the expected earnings of corporations (numerator of our equation). This is exactly what is currently happening for the GAFAMs, which enjoy monopolistic positions contrary to the principle of perfect competition.

It is interesting to note the very strong disconnection between the US stock market and the rest of the world since 2010. For example, since 14/6/2010, the S&P 500 has risen by 172%, while at the same time the CAC 40 only grew by 27%. The US stock market reached its all-time high in January 2020 while the CAC 40 reached its highest level twenty years ago in August 2000. But why on earth do investors think that American companies will be more profitable on average than French companies in the coming years?

In an increasingly uncertain and unstable world, it is astonishing that stock exchanges are still so optimistic about the ability of companies to generate ever more profits in the future. Moreover, if inflation were correctly calculated, it would have a negative impact on prices of around 20%.

Furthermore, the recent interventions of the welfare state due to the COVID-19 crisis will have the effect to increase public deficits and therefore public debts that finance them will explode to unprecedented levels. Although sovereign debt is currently very cheap, it is reasonable to think that sooner or later rates will start rising again, which will increase the debt burden in a way that will be unbearable for some countries such as Italy, Spain and potentially France.

Until the early 1970s, the French government financed its public deficit through the so called “Treasury circuits” at advantageous rates administered by itself. In particular, these channels included money creation by the central bank. But, under pressure from banking lobbies, it had to start « borrowing » its public deficit on the financial markets at much higher interest rates.

Could we not return to financing public deficits through pure money creation?

It seems healthy that a company issuing bonds to invest now in order to generate future profits pays an interest rate. But the question may arise for a state that borrows money on the markets to invest in public services in order to improve the general welfare of its population.

By reducing the money supply to levels compatible with the real economy, the risks associated with investments would be assessed much more rigorously and the speculative bubbles inherent to the system and benefiting only the fewest would be limited by construction. One solution would be to significantly increase the level of prudential ratios for banks, which would have to embed all their off- balance sheet activities.

Europe is in danger and its future is at stake now

The COVID-19 crisis demonstrated both Europe’s inability to act in a united and coordinated manner and its excessive dependence on countries such as China, India or the United States.

European solidarity must prevail over law

It is very encouraging to see that France and Germany have taken the initiative of a European bond issuance of 750 billion euros to finance, through subsidies for 500 billion euros, the green recovery of the countries that have suffered most from this crisis. The great novelty of this bond is that it will be launched for the first time ever by the European Commission itself.

However, Austria, the Netherlands, Denmark and Sweden have already voiced their disapproval, arguing that the rich countries of northern Europe should not have to pay for the budget deficits of southern Europe. The European Commission has still some hard work to convince them in the coming weeks.

Until now, Germany has also been reluctant to show solidarity with the south, as shown by the May 5th ruling of the Constitutional Court in Karlsruhe, which went almost unnoticed but has far-reaching consequences. Indeed, in response to an initiative of German citizens fearing for their savings, this ruling not only calls into question the independence of the ECB, but also the primacy of the Court of Justice of the European Union by stating that « the Federal Republic of Germany does not recognise the absolute primacy of the application of European Union law » and that this primacy ends where the « constitutional identity » of the States begins.

The German judges believe that the ECB, independent of political power, is overstepping its mission to contain inflation (objective set at 2%) when it resorts to Quantitative Easing by buying public debts in a manner that does not comply with the « principle of proportionality », which is supposed to reflect the weight of each Member State in its capital. However, when it « monetises » public debts, the ECB allows certain states to finance themselves at rates well below market rates. For example, at the end of 2019, the ECB had purchased around 30% of total French public debt, whereas the French Central Bank holds only 17% of its capital.

Some countries would therefore be favoured by the Quantitative Easing. Theoretically, the purchase of public debt should lower rates, which is against the interests of German savers and, in fact, all European savers.

The ECB has until August 5th to explain this lack of proportionality. If the answer is unsatisfactory, then the Bundesbank will most probably resell the government bonds it holds in order to raise rates to protect German savers.

This legal episode must be followed very closely to see whether the political solidarity shown by Germany will be followed by the facts or whether the law will prevail at the risk of imploding the European system by pushing out countries whose public debt-to-GDP ratio is reaching dizzying levels, such as Italy, where it is expected to be around 160% in 2020 and where, as we well know, anti- European populism is gaining traction.

The reindustrialisation of Europe is as necessary as imperative

It is now important to create a coordinated program for the reindustrialisation of Europe to not only make it self-sufficient in strategic areas such as health, agriculture, energy, digital platforms and data, but also to shorten supply chains. In addition, this relocation will have a beneficial effect on GHG emissions because energy and production processes are less carbon intensive in Europe than in Asia.

Relocating production locally will make it possible to revive forgotten skills and develop employment. Notwithstanding the first effect of increased costs for companies, their risks will be reduced. The quest for profit has for too long justified the priority of the lowest price to the detriment of a holistic approach to risk. The current crisis offers a moment of truth that is an opportunity to reverse this trend.

The notion of fair value is at the heart of success. To achieve this, the revaluation of low-wage earners is essential because « low-wage » earners have a marginal propensity to consume much higher than others and this is exactly what the economy needs to boost demand.

In addition, differentiated taxation could introduce a reduced VAT on locally produced goods and thus mitigate the impact of the rise in labour costs in the final price.

Time to regain European sovereignty

In the 1990s, the United States developed a whole legal arsenal that enables them to sanction companies that violate their national laws when they use the dollar as a means of payment. Moreover, these laws allow them to read anyone’s email as long as the email addresses are registered in the US. Who does not have a Facebook or Linkedin account?

French companies such as BNP Paribas, Total or Technip have had to pay huge fines to keep their license to operate in the US because they violated the embargo imposed on Iran by them. Also by using one of these extraterritorial laws relating to the payment of kickbacks that the US Department of Justice (DOJ) put pressure on Alstom’s top executive management by threatening them with imprisonment if they did not agree to sell part of their company to General Electric.

This American hegemonic superpower has the effect of vassalizing, by law, their competitors in the world. And there are many of them.

The time has therefore come to regain sovereignty through economic intelligence.

Both the bill to create a sovereign fund to support French companies in strategic sectors, and the recent call launched by a group of French tech entrepreneurs « For Immediate Digital Freedom, Sovereignty and Security » aimed at freeing ourselves from the dependence on the global platforms promoted by the GAFAMs are indicative of an awareness and economic necessity if we do not want our know-how of excellence to disappear to the benefit of our competitors.

As such, the Economic Warfare School created in 1997 trains students to be able to respond to international business practices which sometimes lack ethics and morality.

Moreover, the BRICs (Brazil, Russia, India and China) have already started to trade with each other in their national currencies in order to circumvent the supremacy of the dollar in international trade.

For example, China, the world’s largest oil importer, launched a crude oil futures contract in 2018, denominated in yuan and convertible into gold. This contract represents a major upheaval affecting international trade. Indeed, oil exporting countries sanctioned by the various US extraterritorial laws such as Russia, Venezuela or Iran can now directly sell their oil to China in yuan which is convertible into gold.

With the revelation of certain truths, 2020 is a pivotal year in the 21st century. Challenging certain theories that are deeply rooted in our societies is an opportunity to collectively reinvent our future that will have to be more just and respectful of our individual freedoms.

Raising awareness of societal issues and the emergence of a new connected world view will accelerate the structural changes necessary for a better life together and more equitable sharing of the wealth created by a more responsible capitalism.

As the Nobel Laureate in Physics Niels Bohr said, « Every great difficulty carries within it its own solution. It forces us to change our way of thinking in order to find it ».

It is high time to change our reading of the system and act differently to create the harmonious world of tomorrow.

Laurent Babikian is Director Capital Market Europe, CDP

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