« Plus on partage, plus on possède. Voilà le miracle ». Par Renaud Sornin, OFA.

A votre avis à qui doit on cette citation ? Un philosophe, une économiste, une entrepreneure de l’économie collaborative ou l’abbé Pierre … Aucun de celles ou ceux-là. Cette phrase pleine de bon sens nous la devons à Léonard Nimoy, qui n’est autre que l’acteur qui jouait Dr Spock dans StarTreck.

Quel visionnaire !!  Oui, parce que plusieurs décennies avant l’arrivée de l’économie du partage, Léonard Nimoy avait compris, en écrivant cet oxymore, la magie de cette vertu.  Le partage est bien sûr généreux mais aujourd’hui Airbnb nous a montré qu’il était devenu économiquement intelligent et créateur de richesses, même si nous pouvons regretter qu’elles ne soient pas assez partagées à leur tour.

Il y a donc, dans le partage, de la générosité et de l’intelligence. Et aujourd’hui la prise de conscience de la finitude du monde et les enjeux climatiques lui donne un nouveau sens.

Pour les entrepreneurs que nous sommes, il est très compliqué de vivre sans l’idée de croissance. Mais à l’instar d’Éloi Laurent[i], nous sommes de plus en plus nombreux à avoir l’intuition ou la conviction qu’il nous faut « sortir de la croissance ».  Mais comment donc sortir de la croissance quand on a la responsabilité d’une entreprise ? Et comment donc préserver l’avenir de la planète en continuant sur le même paradigme de la croissance et du profit ? Pas facile de faire face à ce dilemme !

Une des deux voies possibles que je souhaite partager avec vous, m’a été transmise par Olivier Frérot[ii], philosophe Lyonnais.  « Renaud, m’a-t-il dit, il ne s’agit pas de supprimer la croissance, mais de la réinventer ». Oui l’homme a besoin de croissance, mais pas forcément celle du PIB. Et si nous pilotions nos entreprises avec la croissance du bien-être, de la connaissance de soi, de la biodiversité, du partage, de la décarbonation, …

J’aime à parler de « La croissance de l’essentiel et la décroissance du superflu ». A l’exception des marchands de superflu – et dans la difficulté à définir cette frontière, nous le sommes tous un peu – c’est une formule qui nous réunit. Il ne s’agit pas d’opposer mais d’unir, car Monsieur le Président et Monsieur le maire de Grenoble, l’immense majorité d’entre nous n’est ni Amish ni climatosceptique.

La deuxième voix possible consiste à réinventer l’entreprise elle-même. Et là c’est à Jean-Louis Brunet, ancien directeur technique d’Attestation Légale, et acteur reconnu de la tech à Lyon, que nous devons la formule qui définit Attestation Légale. Celle du concept de « l’entreprise partagée », nous pourrions même dire l’entreprise partageuse. Une cousine ou petite sœur de « l’entreprise contributive ».

Pour bon nombre d’acteurs économiques, la mission d’une entreprise est de créer le maximum de valeurs pour les actionnaires dans le respect des lois, des collaborateurs, des clients et de la planète.  Pour l’entreprise partagée c’est l’inverse.

Il s’agit de créer le maximum de bien être chez nos clients, collaborateurs et fournisseurs, de limiter aux maximum nos externalités négatives, dans le respect d’un TRI « honnête » servi à nos actionnaires. Aujourd’hui nous sommes quelques des dirigeants qui, non sans mal, plafonnons nos salaires. Bientôt arriveront les fonds d’investissement qui plafonneront leur TRI. Et cette utopie est devenu réaliste ! L’entreprise non lucrative Time For The Planet a réussi à réunir des milliers d’investisseurs, dont des VC et des entrepreneur.e.s reconnu.e.s, avec la promesse d’un TRI nul.   Elle entend lever 1 milliard d’euro pour créer 100 entreprises qui partageront leurs technologies, en open source, pour décarboner notre civilisation.

L’entreprise partagée est une entreprise qui veille à la juste répartition de la valeur au sein de toutes ses parties prenantes. C’est une entreprise qui partage l’information, le pouvoir, les responsabilités et ses difficultés avec authenticité. A la centralisation elle préfère la distribution. A la délégation elle préfère la subsidiarité. Au contrôle et à la défiance elle préfère la confiance et l’auto-contrôle. Aux rapports de forces, elle préfère la collaboration voir même la coopétition. Elle mise sur l’autonomie et la responsabilité de ses collaborateurs. Engagée dans la diversité et la parité, elle est prête à renoncer à une performance court terme pour, comme nous le propose Saint Exupéry, s’enrichir de la différence. Cette entreprise ne fait pas tout cela pour maximiser la performance, la créativité et les profits, elle fait cela parce que l’humain est sa finalité et non un moyen.

Mais attention nous ne sommes qu’au début de cette aventure. Les concepts restent à inventer, expérimenter, améliorer puis à diffuser. Aussi nous se saurions donner de leçons à qui que ce soit. En marchant sur la voie ouverte par les premiers pionniers (Favi, Chronoflex,..), nous espérons avec humilité et ambition, « les pieds sur terre et la tête dans les étoiles »[iii], être un maillon de cette chaine de transformation. « Inspirés un jour, inspirant le lendemain, nous ne sommes que des passeurs » nous dit Nathalie Dupuis Hepner, amie et accompagnatrice d’organisations en transformation.  Dans cette chaine, notre ambition est d’essayer de pérenniser un système innovateur de management, qui bien souvent s’éteint lorsque le dirigeant charismatique s’en va.

Alors pour conclure ce post, je tiens à remercier Fabrice Bonnifet pour sa ténacité et à saluer, Julien Potier, authentique exemple de la Smart Money et associé chez NextStage qui nous a rejoint il y a 3 ans. Un jour de doute, il cita Sonen Kierkegaard : « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin ».

Et puis que nous sommes dans la philosophie, Alain aurait complété lui, en disant :

« Le secret de l’action c’est de s’y mettre ».

Alors nous de jouer !!

Renaud Sornin, fondateur et CEO OFA Attestation Légale

A propos d’OFA – Attestation Légale.

Dans un monde où les entreprises font face à l’injonction contradictoire d’exigence de conformité et d’impératif d’innovation, OFA a pour singularité de mettre au cœur de sa proposition de valeur la « Coopétition[iv] ».

Née en 2012, sur l’idée du dossier administratif unique de l’entreprise, partagé comme un profil Linkedin, « une fois pour tous » OFA regroupe aujourd’hui plus de 50 000 entreprises et donneurs d’ordres. Fort de cette simplification et de cette sécurisation, OFA a progressivement acquis le statut de tiers de confiance. Ainsi sécurisé, l’écosystème a mis à profit la confiance créée pour innover et inventer d’autres solutions « coopétitives ».

Depuis 2015, plus de 10 spin off et un start up studio ont été créés grâce à la qualité des relations entretenues avec les clients innovants et historiques d’OFA, les « Pionniers ».

OFA entend concentrer son énergie et ses ambition européennes, sur 3 secteurs d’activités connexes partageant le point communs des interventions sur les sites de leurs clients :

  • La construction et l’immobilier,
  • L’énergie et les services au batiment,
  • L’environnement et les services à l’industrie.

Aujourd’hui OFA réunit les forces et les faiblesses d’un peu plus de 100 collaborateurs, autour d’une vision baptisée : l’entreprise partagée. Construit comme un chemin expérimental vers un autre capitalisme et une autre façon d’entreprendre L’entreprise partagée peut se synthétiser en trois « utopies réalistes » :

  • Créer les conditions de bien-être de ses clients et de ses collaborateurs, en permettant à ses derniers d’exercer en toute autonomie leur responsabilités et en développant leur résilience.
  • Trouver le bon équilibre entre inclusion et service à l’écologie d’une part et performance économique de l’autre.
  • Partager de façon la plus juste possible la valeur créée avec ses parties prenantes.

Sur ce chemin de nombreuses difficultés ont été rencontrées, parmi lesquelles :

  • Recherche improductive de consensus et difficulté à décider.
  • Manque de clarté dans la définition des responsabilités et leur partage.
  • Manque de capacité à faire aboutir des projets de moyen terme.
  • Différence de compréhension sur le concept même de « l’entreprise partagée »
  • Déficit de compétence.

Ces difficultés ont permis à OFA, de trouver de nouveaux équilibres plus opérants et de renforcer son projet.

Parmi les réussites et singularités on peut noter :

  • Liberté d’expression et de prise de parole.
  • Capacité à exprimer ses peurs.
  • Partage de l’information et « ultra-transparence ».
  • La constitution d’un comité des sages (CDS) choisis à parité sur la base d’une élection sans candidat.
  • L’enquête annuelle collaborateur portée par le CDS et utilisée comme outil stratégique de gouvernance.
  • Réunion plénière et mensuelle (SSPP) animée par un collaborateur non issu du management.
  • Création d’une cagnotte permettant à n’importe quel collaborateur d’investir jusqu’à 30 K€ sans autorisation de sa hiérarchie.
  • Création d’OFA Confiance, Holding qui a permis à près de 50% des collaborateurs de devenir investisseurs et de détenir près de 7% du capital. Représentation des salariés actionnaires au board.

[i] Sortir de la croissance, mode d’emploi d’Eloi Laurent, aux éditions Les Liens qui Libèrent.

[ii] Je tiens à vous recommander un des ouvrages d’Olivier Frerot : Vers une civilisation de la vie aux éditions Chronique Sociale

[iii] Cette formule, a été utilisée par notre mentor Philippe Femel lors du premier comité pionnier pour décrire notre entreprise.

[iv] Wikipédia donne la définition suivante : La coopétition est une collaboration ou une coopération de circonstance ou d’opportunité entre différents acteurs économiques qui, par ailleurs, sont des concurrents (« competitors », en anglais). Ce mot « coopétition » est un mélange des deux mots coopération et de compétition (concurrence).

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