L’OVNI Time for the Planet : un modèle d’entrepreneuriat à contre-courant, par Coline Debayle, co-fondatrice, Time for the Planet.

Ou… comment nous sommes à la recherche du « gel hydroalcoolique » pour le climat.

La première fois qu’on arrive sur le site internet de l’initiative Time for the Planet, on peut avoir un petit choc : lever un milliard d’euros ? Ah oui ?  Rien que ça ? Pendant quelques secondes, on se demande si c’est un fake ou bien si l’on vient de dénicher une aventure hors norme…

Il faut bien le dire, l’ambition de Time for the Planet est titanesque : lever un milliard d’euros auprès des citoyens et des entreprises du monde entier pour créer et financer 100 entreprises paramétrées de A à Z qui lutteront contre le dérèglement climatique. Ce n’est pas une mince affaire.

Eh bien, notre initiative est bel et bien réelle ! Et effectivement, elle ne coche aucune case traditionnelle :

–      C’est un fonds d’investissement oui…mais à but non lucratif (pas de dividendes, pas de plus-value) ! En temps normal, cela n’existe pas.

–      C’est une entreprise avec des actionnaires oui… mais ouverte à tous (n’importe qui peut souscrire à partir de 1€ en ligne en 2 minutes). Également du jamais vu.

Pourquoi bousculer les règles habituelles du monde de l’investissement ? Parce que nous n’avons plus le temps.

Nous sommes la dernière génération à pouvoir agir sur le climat et éviter la catastrophe climatique.

C’est fort de cette conviction, acquise au cours des deux dernières années, que nous, 6 entrepreneurs dans la trentaine, avons quitté nos start-ups pour consacrer bénévolement 95% de notre temps à la création de Time for the Planet. Déçus par la lenteur de l’action politique (et il faut bien le dire, abasourdis par les choix de Trump ou de Bolsonaro), impuissants à convaincre les autres 7 milliards d’êtres humains de modifier leurs comportements au plus vite, nous avons choisi un levier sur lequel nous pouvions enfin agir sans attendre. Un levier à notre portée, qui ne nécessite l’autorisation de personne. Ce levier, c’est l’entrepreneuriat. Mais l’entrepreneuriat autrement, celui qui a pour but unique et central la lutte contre le dérèglement climatique.

Le GIEC le dit : si l’on veut rester en dessous de 2 degrés de réchauffement planétaire (c’est-à-dire rester en dessous du seuil où les cercles vicieux se mettent en place et où nous perdons le contrôle), il faudra davantage d’innovations. Tous les outils – high-tech ou low-techs-, nécessaires n’ont pas encore été inventés et déployés à l’échelle mondiale.

C’est sur ce créneau que Time for the Planet agit. Nous créons le premier outil citoyen capable d’avoir un impact mondial à très grande vitesse. Nous avons donc décidé de jouer sur le terrain économique tel qu’il est aujourd’hui tout en en re-paramétrant quelques règles pour aller plus vite. Non lucrativité, ouverture du capital à tous les citoyens, constitution d’équipes avec des entrepreneurs aguerris… Tout est pensé pour gagner du temps et déployer au plus vite les solutions pour demain.

En quelques mois, notre mouvement citoyen a déjà rassemblé plus de 5 000 associés, citoyens et entreprises, qui n’attendent pas de retour financier mais uniquement une performance environnementale. Chaque année, ils découvriront le nombre de tonnes de CO2 non-émises ou captées grâce à leur investissement, mesuré par un cabinet expert indépendant. Avec Time for the Planet, l’entreprise n’a plus comme finalité l’enrichissement individuel mais uniquement de contribuer à un avenir plus durable (coucou « l’entreprise contributive 😉»).

Débarrassée du carcan de la nécessaire rentabilité, Time for the Planet a pu se constituer comme un modèle inédit. Fonds d’investissement et mouvement citoyen à la fois, start-up studio et société à mission, Time for the Planet s’inspire des pratiques les plus innovantes pour gagner en puissance.

Et le « gel hydroalcoolique » dans tout ça me direz-vous ?

Justement, on y vient. 😉.

Le gel hydroalcoolique – qui a été au cœur de la crise du COVID19 – a été inventé par le Dr Pittet bien avant le COVID. Le médecin raconte : « J’ai décidé de rendre la formule gratuite sur le site de l’OMS en visitant en 2006 un hôpital à 150 km de Nairobi en plein territoire Massaï. On visite des chambres ; on découvre avec stupéfaction qu’il y a un flacon de gel mais enfermé dans une boîte en bois cadenassée pour en limiter l’accès, vu son prix exorbitant ! »

Le docteur Pittet décide donc de ne plus limiter sa diffusion et son usage se démocratise peu à peu. Et c’est une chance immense ! Lors de la crise du COVID, alors que toutes les productions de gel hydroalcoolique se sont retrouvées en rupture de stock et incapables de faire face à la demande mondiale, le fait que la recette du gel hydroalcoolique soit publique (« en open source ») a tout changé. En quelques semaines, de très grosses entreprises ont transformé leurs chaînes de production (les parfums chez l’Oréal ou LVMH par exemple, qui avaient des procédés et des ingrédients similaires) afin de pourvoir au plus vite à l’immense demande mondiale et ce, à prix coûtant voire gracieusement. De même, de nombreux petits producteurs du monde entier y ont vu une opportunité « business » et se sont lancés dans la production pour vendre des bouteilles de gel à leurs communautés.

Bref, en quelques semaines, dans tous les pays développés, on pouvait à nouveau acheter du gel hydroalcoolique à un coût non-prohibitif. Le caractère « open-source » de l’invention du Dr. Pittet a permis de répondre à une urgence mondiale et vitale. Time for the Planet a la même ambition : répondre à une urgence mondiale et vitale, celle du dérèglement climatique. À ce titre, nous misons également sur l’open-source et la coopération pour aller très vite.

Nous cherchons les Dr. Pittet et les équivalents du gel hydroalcoolique pour le climat. Nous cherchons des innovations que nous pourrons transformer en entreprises tout en mettant leur « recette » (leur propriété intellectuelle) en open-source.

Nous voulons absolument que ces entreprises soient copiées et répliquées dans le monde entier. Nous souhaitons que de grandes entreprises aient envie d’implémenter ces innovations au plus vite dans leurs productions actuelles et que de nombreux entrepreneurs, parce qu’ils y voient une opportunité “business”, décident de développer ces innovations au sein de leur communauté.

Ainsi, Time for the Planet ne crée pas 100 entreprises mais plutôt 100 marchés, ou 100 filières entières ! En effet, que le CO2 soit capté en Inde, au Canada, au Vietnam ou en Australie, on aura in fine moins chaud en France. Il n’y a pas de souveraineté nationale sur les gaz à effet de serre contrairement aux masques ou aux médicaments qui nous ont cruellement manqué quand seule la Chine en produisait.

Les gaz à effet de serre ont un effet à l’échelle planétaire et pas seulement local. Sur ce sujet, nous sommes tous dépendants des actions des uns et des autres. Time for the Planet se donne donc comme mission de libérer la connaissance et de favoriser l’émergence ultra-rapide de filières entières pour décarboner nos économies et nos modes de vie. Sur le modèle du gel hydroalcoolique, un modèle adapté au bien commun et aux urgences vitales.

Pour en savoir plus : www.time-planet.com

Coline Debayle, co-fondatrice, Time for the Planet

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