« Il faut intégrer les enjeux écologiques dans la comptabilité des entreprises »

Une tribune publiée dans Le Monde, Hervé Gbego, expert comptable et commissaire aux comptes de son état, ré-interroge les sacro saints principes comptables adoptés mondialement. Et si c’étaient eux qui empêchaient une véritable refonte de nos modèles ?

Se penchant sur son profil, on ne peut pas dire que le monsieur soit un grand naïf ni qu’il souhaite retourner en arrière à une époque bénie où la comptabilité n’avait pas corrompu le monde. Non, ce monsieur est un pragmatique comptable (pléonasme?) plutôt tourné vers l’avenir, vice président de l’Ordre des experts comptables de Paris IDF en charge du secteur de l’innovation. Généralement, on ne peut pas traiter un comptable qui verse dans l’innovation de doux rêveur baba mangeur de feuilles. Mais ce monsieur n’en souhaite pas moins revoir l’ordre établi, et pas qu’un peut.

Dans son analyse, il explique qu’une entreprise ne peut intégrer dans son fonctionnement même les enjeux écologiques et sociaux s’ils ne sont pas centraux dans leur économie et donc dans leur système comptable. Or il se base comme sur une conception du capital à l’origine des normes dites IFRS (International Financial Reporting Standards), utilisées par la plupart des groupes internationaux. Or peu de personnes osent s’attaquer à ce monument du monde capitaliste moderne, tant il semble immuable. Et si la comptabilité telle qu’on la connait était obsolète ?

M. Gbego présente une alternative, le modèle CARE (pour comptabilité adaptée au renouvellement de l’environnement), inventé en 2012 par Jacques Richard, professeur émérite à l’université Paris Dauphine, et développé avec le chercheur Alexandre Rambaud. Ayant eu M. Richard en professeur à Dauphine, ce concept m’est familier. Il a également été présenté lors du très tonitruant Tribunal des Générations Futures organisé par Dorothée Browaeys, présidente de TEK4life, qui faisait également le procès de la comptabilité traditionnelle.

Le but de CARE, tel que présenté dans la tribune ainsi que par Compta Durable, l’un des cabinets qui prône une autre approche de la comptabilité, co-fondé par M. Gbego, est « de redéfinir la structure du bilan comptable en ajoutant, au côté du capital financier, un capital naturel et un capital humain. On obtient ainsi un instrument de gestion de la performance globale de l’entreprise ».

Et si revoir en profondeur l’objectif de la comptabilité était la condition pour transformer l’entreprise ?

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